La valeur scientifique des données BioLit

Démonstration avec “Algues brunes et bigorneaux”

Le programme BioLit propose d’observer la biodiversité du littoral. La mission BioLit intitulée « Algues brunes et bigorneaux » participe à une meilleure compréhension des mécanismes écologiques à l’origine de l’évolution des algues et des coquillages marins (les gastéropodes) qui vivent cachés sous ces algues. Cette évolution - les scientifiques parlent de dynamique - est sous la contrainte du changement climatique mais pas uniquement.

Destinée aux participants des façades Atlantique et Manche-Mer du Nord, la mission « Algues brunes et bigorneaux » s’est construite autour d’une problématique et de protocoles adaptés au niveau des observateurs. De 2010 à 2013, ce travail s’est poursuivi sous la responsabilité du Conseil Scientifique de BioLit regroupant une dizaine de scientifiques de la Station Marine de Dinard, de l’Université de Rennes 1, du CEVA (Centre d’Etude et de Valorisation des Algues), de l’Université de Paris VI, de l’Institut Universitaire Européen de la Mer, de l’Université de La Rochelle, et de l’Ifremer LERBN. Trois niveaux de protocoles ont été élaborés puis proposés à des structures associatives responsables de leurs validations pédagogiques.

Début  2014, la démarche a été officiellement validée scientifiquement ! Les premières analyses issues des données acquises dans le cadre de BioLit entre 2012 et 2014 ont montré des résultats identiques à ceux provenant d’autres observations scientifiques (non participatives).

Il existe un réel effet de la couverture en algues sur la présence des gastéropodes. Pour de faibles couvertures en algues (inférieure à 50 %), un petit nombre d’espèces peut se retrouver caché sous les algues et y trouver les conditions optimales de vie et de nourriture. Pour de plus grandes couvertures en algues (supérieure à 50 %), une compétition pour l’espace et la nourriture s’installe entre les gastéropodes. Cette compétition a pour conséquence de limiter le nombre d’espèces présentes au sein des algues mais d’augmenter le nombre d’individus d’une même espèce (plus d’individus de la même espèce, mais un nombre d’espèces moins important). C’est ce qui s’appelle en écologie la théorie de la facilitation-compétition.

Les observations ont également montré que les variations de salinité et de température influencent le nombre d’espèces (on parle de diversité) présentes au sein des algues. En effet, les faibles températures de l’eau de mer ont tendance à limiter le développement et la reproduction des mollusques avec pour conséquence une chute de leur nombre. La baisse de la salinité de l’eau de mer (liée à des apports en eaux douce par des rivières ou des eaux de ruissellement par exemple), entraîne également une diminution du nombre de mollusques. L’explication tient du fait que la baisse de salinité impacte directement leurs fonctions physiologiques comme la nutrition et la respiration.

La mission BioLit “Algues brunes et bigorneaux” est un exemple qui a fait ses preuves après 3 années de développement. Les autres missions “Saisons de la Mer”, “Attention, menace?”, “Nouveaux arrivants”, “Chlorophylle-mania” poursuivent ce même chemin.

Les prochaines analyses porteront sur l’étude des phénomènes saisonniers, notamment de la présence des patelles et leur possible impact de broutage sur les algues brunes.

 

 

Les résultats en détails par Ophélie Sylvio, Marine Robuchon, Boris Leroy, et Eric Feunteun. A retrouver sur :

1 - http://vigienature.mnhn.fr/blog/actualites/bords-de-mer-associations-et-vacanciers-parcourent-les-estrans-rocheux-pour-aider-le

2 - http://vigienature.mnhn.fr/blog/focus/le-mystere-des-estrans-de-la-rochelle

3 - http://vigienature.mnhn.fr/blog/actualites/vous-ne-regarderez-plus-jamais-les-patelles-de-la-meme-facon

4 - http://vigienature.mnhn.fr/blog/actualites/entre-terre-et-mer-des-forets-dalgues