10 objets à fabriquer à partir de coquilles, algues, déchets …

Que faire de tous ces résidus issus de la mer ?

Une multitude de résidus sont rejetés par la mer sur nos côtes tels que du bois flotté, des algues, des os de seiche ou encore nos déchets. Il est possible de leur donner une seconde vie et c’est ce que nous allons voir dans cet article.

 

L’arrivée des beaux jours est imminente ! Rien de mieux qu’une balade en bord de mer afin de profiter des paysages de notre littoral français. Lors de ces sorties, nous avons la possibilité de ramasser tout un tas d’éléments trouvés sur les plages et de leur donner une seconde vie. Une partie des débris naturels et détritus trouvés sont déposés sur nos bords de mer par les vagues, c’est la « laisse de mer ». 

Si une balade sur le littoral est impossible, pas de panique ! Les résidus issus de la mer peuvent aussi être des restes que nous consommons comme ceux d’un repas à base de produits de la mer. Diverses structures l’ont bien compris et se sont lancés dans la fabrication d’objets à partir de résidus de la mer. 

 

1. Fabriquer de la vaisselle à partir des résidus de la mer

Fabriquer des verres, des récipients ou encore des assiettes à base d'algues, c'est possible !  En effet, les mugs conçus par Algopack sont constitués de 49 % d’algues brunes. Le dirigeant de cette entreprise a voulu relever le défi en utilisant des algues pour diminuer voire entièrement supprimer la quantité de plastique dans la fabrication d’objets du quotidien. Ce procédé pourrait représenter une solution pour le climat et les océans, le tout en partageant des valeurs d’économie circulaire. Cette idée lui est venue de la jonction de son expérience professionnelle, en tant qu’ancien cadre de l’industrie du plastique, et celle de sa famille travaillant avec les algues. Les matériaux qu’il crée se décomposent facilement dans l’eau ce qui limite la pollution des mers et océans. Cette entreprise ne fabrique pas que de la vaisselle mais tout type d’objets tels que des clefs USB, des emballages cosmétiques, des montures de lunettes, etc. Désormais, ils sont capables d’offrir une solution sans plastique à 100 % à base de déchets industriels d’algues. 

L’atelier Luma, une autre structure, a développé un projet Algae Platform qui consiste à l'impression en 3D d'objets domestiques fabriqués à partir d’algues.

Les algues semblent pouvoir être une des solutions pour la réduction de la pollution plastique. Malheureusement, le plastique est présent partout et nos plages ne sont pas épargnées : d’après l’IFREMER, 15 % des déchets plastiques marins sont présents sur nos littoraux tandis que la majorité se trouve immergé dans le fonds des eaux. Ce que nous voyons sur les plages est qu’une infime partie de la pollution marine. L’Institut Marin du Seaquarium au Grau du Roi, en partenariat avec la société Triveo, porte le projet ReSeaclons qui a comme objectif de collecter et transformer le plastique sauvage marin. Ils ont réussi à transformer les résidus de la mer en des petits pots. 

 

2. Fabriquer des baskets

Les baskets de la marque Corail participent à limiter les déchets grâce à l’utilisation des bouteilles plastiques ramassées dans la Mer Méditerranée. En effet, la start-up est en partenariat avec des pêcheurs marseillais. Lorsqu’ils sortent en mer pour pêcher, ils trouvent bien souvent dans leurs filets des déchets plastiques qu’ils ramènent à terre. Ils ont déjà ramassé plus de deux tonnes de détritus. Cela permet aux pêcheurs d’obtenir un complément de revenus. 

Une fois rapportées à terre, les bouteilles sont broyées pour être injectées dans la semelle ou transformées en fil pour former le tissu de la basket. Huit bouteilles suffisent pour une paire de chaussures. C’est lors d’une balade sur une plage jonchée de déchets, que cette idée a germé et a ainsi permis de lancer ce projet. La mer est une formidable source d’inspiration, alors peut-être que pour vous aussi, lors d’une prochaine balade au bord de mer une idée de solution en faveur de l’environnement va naître ! 

 

3. Fabriquer des lunettes à partir des résidus de la mer

Plusieurs entreprises ont eu l’idée d’utiliser des déchets marins, dont des filets de pêche, pour fabriquer des montures de lunettes. Fil&Fab a vu une opportunité dans ce domaine. La start-up transforme les filets de pêche en plastique, plus précisément en granulés nommé “Nylo®”, afin de produire divers objets avec. Elle s’est alliée avec Amor-lux et Acuitis afin de créer des lunettes. Ces acteurs de l’Ouest de la France valorisent les déchets locaux en créant des emplois. 

 

4. Fabriquer un engrais naturel

Le programme de sciences participatives CapOeRa (pour CAPsules OEufs de RAies) porté par l’APECS, demande aux participants bénévoles de récolter des œufs de raies ovipares qui se trouvent sur nos plages (déposés par la mer). Une structure partenaire de ce programme, le CPIE Marennes-Oléron, a eu l’idée de réutiliser les capsules d’œufs de raies comme engrais naturel. Il s’agit d’un moyen écologique de trouver une nouvelle fonction aux 600 000 capsules récoltées sur l’île d’Oléron. D’après la structure, la composition des capsules est favorable à cette utilisation avec notamment une composition de 12,43 % d’azote (N). Il s’agit d’engrais à assimilation lente, appréciés par les maraîchers bio. Les capsules, prenant du temps à se décomposer de par leur composition solide (fibrilles de collagène et une prokératine), elles sont broyées par Ovive à Périgny pour pouvoir être prêtes à l’emploi. Il n’est cependant pas prévu d’en faire un véritable commerce car comme le dit Nathan Ropers, chargé de mission au CPIE Marennes-Oléron : « L’idée est bien de privilégier le retour du produit dans un cycle naturel, et si c’est pour mieux faire pousser les tomates et patates de nos jardiniers locaux, ce sera très bien ».

 

5. Fabriquer de la nourriture pour les poules

Que faire des coquilles de moules ou d'huîtres après les avoir consommées ? Toutes deux sont riches en calcium et en protéine, elles forment un excellent « complément alimentaire » pour les volailles et ce n’est pas un  secret, les poules en raffolent. Cela leur apporte du calcium, élément essentiel pour la construction de leurs coquilles d’œuf. Il suffit juste de les casser en petit morceau afin qu’elles puissent facilement les manger. 

Le Syndicat mixte du bassin de Thau prend en charge, sur son territoire, la collecte et le traitement de 10 000 tonnes de déchets par an issues de la conchyliculture (principalement des coquilles de moules et d'huîtres). Après transformation, les coquilles sont ensuite utilisées essentiellement pour l’alimentation animale. Elles peuvent également servir à l’aménagement paysagé ou encore pour les produits cosmétiques, le syndicat cherche continuellement des nouvelles filières de valorisation. 

 

6. Fabriquer un anticalcaire naturel

Toujours avec les coquilles d'huîtres, ces dernières sont un anticalcaire intéressant. À mettre dans une bouilloire, cafetière ou encore dans la cuve de la chasse d’eau des WC, la coquille va attirer le calcaire sur ses parties poreuses. Cette astuce de « grand-mère » est très efficace et facilite le nettoyage ! Elle fonctionne car le calcaire attire le calcaire, la coquille joue ainsi le rôle d’aimant. Elle est à renouveler régulièrement. Il ne faut pas oublier de la laver au préalable. 

 

7. Utiliser des éponges

Les éponges de mer peuvent logiquement servir en tant qu'éponges ! Elles se trouvent facilement en bord de mer ce qui paraît être une solution alternative écologique et économique à celle achetée en grande surface ! Ici, il n’y a pas beaucoup de temps à mettre dans la fabrication : il suffit de les identifier et de les récupérer. Il existe différentes espèces d’éponges et la plus utilisée est l’éponge de de toilette (Spongia officinalis)

Les éponges sont des animaux marins experts de la régénération. C’est une ressource naturelle et biodégradable. Il est possible d’utiliser l’éponge sous la douche, dans la cuisine, pour le lavage de véhicule, pour la peinture ou tout autre utilisation que vous pourriez faire avec une éponge. Il faut cependant respecter des règles d’utilisation et de conservation. Il faut notamment bien la nettoyer avant la première utilisation.

 

8. Fabriquer une œuvre d’art à partir des résidus de la mer

Les multiples déchets présents sur les plages inspirent de nombreux artistes comme Gilles Cenazandi, qui utilise le plastique rejeté par la mer pour fabriquer des œuvres grandeur nature d'animaux en voie de disparition. Autre exemple, le cabinet d’architectes new-yorkais Studio KCA, a utilisé cinq tonnes de déchets marins ramassés pour réaliser « une baleine de douze mètres ». Cette œuvre visible dans les eaux du canal de Bruges a de quoi émerveiller et sensibiliser les passants. Par ailleurs, Pascal Papalia, chaudronnier de métier, cherche lui aussi à attirer l’attention sur les problèmes environnementaux avec ses sculptures d’animaux marins à base de bois flotté, inox, verre ou encore d’aluminium. 

Grâce aux talentueux artistes qui veulent éveiller la protection de la mer et des océans, les déchets des plages ont trouvé une place dans les musées.

 

9. Fabriquer des bijoux 

Si certains transforment les déchets en objet d’art, d’autres les transforment en bijoux c’est ce que fait Sauvage Méditerranée. Le fondateur de l’association, Emmanuel Laurin, est un nageur amateur qui avait déjà lancé en 2017 « Le grand Défi » avec 120 km à la nage entre Marseille et Toulon. Cette opération lui avait permis de ramasser pas loin de 120 kg de déchets. Avec sa marque, il propose de recycler les déchets marins et terrestres en bijoux. Les résidus de la mer sont récupérés sur les plages du bassin méditerranéen par des associations qui collectent 5 % des bénéfices des ventes. Les déchets sont transformés en bijoux dans l’atelier à Aix-en-Provence. Pour Emmanuel Laurin, mettre ses bijoux c’est « afficher des valeurs de protection de la mer et des océans ainsi que de la production locale ». 

 

10. Fabriquer des objets de décoration à partir des résidus de la mer

Pas besoin d’être artiste pour utiliser les résidus de la mer à des fins esthétiques. Les résidus de la mer peuvent servir de décoration à travers la customisation d'objets de la maison. Il faut laisser parler sa créativité et avec un peu d'imagination, coquillages ou morceaux de verre polis par la mer peuvent devenir des objets à customiser. 

 

Maintenant, à vous de créer des objets à partir des résidus que vous allez ramasser sur la plage ! 

Mais attention, les résidus d'origine marine ont un rôle essentiel dans le cycle de la laisse de mer, il ne faut donc pas tout ramasser pour laisser faire la nature. Pour ce qui est des déchets d'origine anthropique, le ramassage peut se faire à volonté ! Le nettoyage le plus efficace des plages est le ramassage manuel qui permet de préserver l’écosystème de la laisse de mer.

Ici, quelques initiatives ont été mises en avant mais il en existe de nombreuses autres toutes aussi intéressantes ! Vous pouvez piochez dans ces idées afin de fabriquer vos objets à partir de multiples matériaux trouvés au gré de vos balades au bord de mer. Et qui sait, peut-être que pendant ces promenades, vous aussi vous aurez une idée d’initiative en faveur de la préservation de la mer ! « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » alors lancez-vous ! 

Pour en savoir plus :

  • Retrouvez le top 10 des déchets retrouvés sur les plages ici
  • Retrouvez les œuvres d’art issues des résidus de la mer ici
  • Retrouvez plus de détails sur l’historique de l’utilisation des éponges par les hommes ici
  • Retrouvez d’autres utilisations des coquilles de moules et d'huîtres ici

 

Rédaction : C. Chabaud